"Sarko" a-t-il choisi "Ségo" ?
Cet article vise à faire part d’une réflexion que je me suis faite sur l’élection présidentielle de 2007. Je tiens à préciser que je ne citerai aucun argument d’autorité ni aucune référence permettant de confirmer mes dires. Ces écrits ne sont qu’une partie de mes réflexions qui ont été abreuvé par les discussions que j’ai pu avoir à ce sujet et par mes lectures assidues durant la campagne présidentielle. Tout d’abord un petit préambule. Quand Madame Royal a été choisi par le Parti Socialiste, elle était plébiscitée par une grande partie de la population française qui voyait en elle le renouveau de la politique hexagonale. Beaucoup l’annonçaient gagnante. Comment en est-elle arrivée là ?
Un an avant les primaires socialistes, elle était très peu connue de l'électeur moyen. Seuls les habitants du Poitou et les amateurs de politique la connaissaient réellement. Les autres en avaient surtout entendu parler car elle était la compagne de son compagnon lui-même secrétaire national du Parti Socialiste. On ne peut pas non plus dire qu’elle égalait les ténors de son parti. Elle n’avait pas autant d’expérience du Parti Socialiste et d’esprit que son compagnon, elle n’avait pas l’expérience du pouvoir de Monsieur Strauss-Kahn et de Monsieur Fabius. Vu comme cela, d’un point de vu à peu près objectif, son seul véritable atout était le fait qu’elle incarnait le renouveau d’un Parti Socialiste sclérosé.
Durant le début 2006, une nouvelle figure a fait la une de la presse française : Ségolène. Et voilà comment en quelques mois, une inconnue est devenue « Ségo », celle qui allait renouveler la politique française et gagner la future élection présidentielle. La presse a aussi rendu la future candidate socialiste sympathique aux électeurs de droite donnant la fausse impression qu’elle pourrait rassembler à gauche et à droite. Pour cela, rien de mieux que de mettre l’accent sur les petites flèches socialistes, je cite : Monsieur Fabius « Qui va garder les enfants ? » ou encore Monsieur Mélenchon « La présidentielle n’est pas un concours de beauté ! », ce dans les journaux plus traditionnellement à droite. Autre solution, ne pas oublier d’encenser le courage politique de cette socialiste se battant corps et âmes contre les éléphants et n’hésitant pas à faire des propositions très à droite comme l’encadrement militaire pour les délinquants. Enfin, une petite couche de sondages favorables, et c’était gagné, « Ségo » allait affronter « Sarko ». Et le plus intéressant est de remarquer que les journaux qui ont fait monter Madame Royal avant les primaires sont aussi ceux qui l’ont achevé durant la campagne et qui ont fait la campagne de Monsieur Sarkozy.

Nous en sommes donc à notre nouveau Président. Pourquoi donc suis-en train de le soupçonner d’avoir choisi Madame Royal ? Comme vous le savez certainement, l’ancien ministre de l’intérieur était le candidat presque certain de l’UMP depuis très longtemps et les affaires CPE et Clearstream avaient achevé Monsieur de Villepin qui était le seul adversaire sérieux. Le président de l’UMP avait donc les coudées franches. Après avoir assuré avec succès sa nomination comme candidat UMP, il lui fallait maintenant remporter la victoire le 6 Mai 2007. La première chose qu’il a du se dire est : « je suis sûr d’être au second tour ». Pour gagner l’élection, il lui fallait maintenant avoir plus de voix que son adversaire socialiste. Pour cela, sa stratégie était claire, il allait ratisser à droite de l’UMP et agir activement pour encourager les électeurs frontistes à revenir dans la modération. Mais cette stratégie nécessitait un adversaire socialiste qui n’attirerait pas les modérés de droite effrayés par ce virage. Quelles étaient donc les possibilités? Une chose était sûre, il ne fallait pas affronter Dominique Strauss-Kahn. Vue sa position sur l’échiquier du PS, une victoire sur Sarkozy était très probable. Il fallait aussi quelqu’un de suffisamment inexpérimenté pour pouvoir assurer certaines victoires symboliques (en particulier au niveau international). Si en plus la personne choisie pouvait être une femme, pour profiter du machisme, généralement inconscient, d’une grosse partie des français et des françaises, cela serait parfait. Sarkozy qui a beaucoup de bons amis leur a donc expliqué qu’il considérait que Ségolène Royal pourrait être la future adversaire de l’UMP et qu’il serait donc bon d’en parler un peu dans la presse. Une fois que « Ségo » avait été choisie par les militants socialistes, il suffisait de demander à ces mêmes amis de transformer la rénovatrice en gaffeuse incompétente. Résultat, le 6 Mai, le président n’était pas une présidente.

Peut-être ce scénario est-il un peu tiré par les cheveux, mais qui sait…