Mon premier avion

Publié le par Alexis


    Comme certains ont déjà pu s’en rendre compte, à Georgia Tech, j’étudie le design des avions.  Je vais ici vous présenter mon premier avion. Je l’ai conçu dans le cadre de mon cours de « Aircraft Design 1 ». Ce projet permet d’assimiler les bases du « conceptual design ». Qu’est-ce donc que le conceptual design? Malheureusement, je n’ai pas de traduction idéale. Sur le site internet de Dassault, ils appellent cela le design général. Je n’aime pas beaucoup cette traduction. Je trouve que cela veut à la fois tout dire et rien dire du tout. Personnellement la traduction que je donnerais est : « étude de faisabilité et de concept ». Par cela, j’entends que la première étape de cette partie du design est l’analyse du cahier des charges du client. Ensuite, on essaye de trouver une architecture qui permette de répondre à ce cahier des charges. Enfin, quand on connaît l’architecture de notre avion, on détermine certaines données physiques comme le poids, la surface des ailes, la puissance des réacteurs, etc. Je tiens à préciser que cet exercice n’est qu’une tout petite partie de la conception d’un avion. Je dirais que cela représente moins de cinq pourcents de la conception. C'est toutefois une partie très importante car elle permet de déterminer l'architecture globale de l'avion et les contraintes qui vont imposer le design final.

contraintes-avion.gif

    
    Je vais maintenant vous décrire le type d’avion que je devais concevoir puis je vous donnerai les résultats les plus généraux.  Le client pour ce projet était mon professeur d’« Aircraft Design ». Ainsi ce projet était-il l'un des rares projets qui ne soient pas sponsorisés par une entreprise ou un organisme officiel.  Le client a demandé un avion capable de faire du Close Air Support pour 2015 et de remplacer le A-10 Thunderbolt II.
  

Thunderbolt-II-flight-above.jpg


    Pour faire rapidement, l’avion, très résistant, devait pouvoir décoller d’une courte piste (600 mètre) peu aménagée avec 6000 kilogrammes d’armement et un pilote de 120kg. Ensuite il devait parcourir 1500 kilomètres le plus rapidement possible (au moins mach 0,75) et arriver près de la cible. Là il devait être capable de rester 20min en attente, puis d’attaquer à basse vitesse des cibles au sol pendant 20min. Après cette phase de combat, il devait refaire les 1500km dans l’autre sens pour rentrer à la base en un seul morceau et avec une réserve de fuel. Les défis de ce design étaient le rayon d'action et la demande conguguée d'une haute vitesse de croisière et d'une basse vitesse pour le combat à basse altitude.

 

     Finalement, après moult péripéties et nuits blanches je suis parvenu à concevoir le Harfang (c’est son petit nom). Le Harfang est un avion à géométrie variable. Cela signifie que l’angle des ailes est modifié selon la vitesse de l’avion. A basse vitesse, les ailes sont perpendiculaires à la direction prise par l’avion ce qui permet de voler lentement. Par contre, à haute vitesse les ailes sont pivotées  d’environ 40 degrés. Cette géométrie permet d'avoir à la fois de bonnes performances aux basses vitesses mais aussi aux grandes vitesses (l’angle de flèche de 40° permet, entre autre, de limiter les effets dus à la compressibilité de l’air aux alentours du mur du son). En contrepartie, il faut compter une augmentation du poids d’environ 10%.  Pour les plus littéraires d’entre vous, un bon exemple est le Carreidas Jet 160 du vol 714 pour Sydney de Tintin.

falcon200-2-carreidas.gif
 

    Les deux réacteurs du Harfang sont situés au dessus du fuselage. Ils sont ainsi protégés des attaques sol-air par les petits calibres. De plus, le fait que les réacteurs soient situés au dessus de l’empennage permet de limiter la signature infrarouge depuis le sol. En d’autre terme, la chaleur dégagée par les réacteurs est cachée. Ceci permet de limiter l’efficacité des autodirecteurs des missiles (particulièrement des MANPADS) qui se guident à la chaleur. Le poids final de mon avion est d’environ 20000kg à vide et d’environ 37000kg au décollage. Le rapport poids-poussée est égal à 0,6. Cela signifie qu’il faudra que chaque réacteur soit capable de développer une poussée de 11000kg. Enfin la surface alaire est égale à 390kg/m². Cela signifie que chaque mètre carré de l’aile doit être capable de supporter 390kg. Voici enfin un rapide schéma que j’ai fait de l’avion montrant les bases de son design. Peut-être certains d’entre vous s’attendaient-ils à plus; mais bon je suis déjà content d’avoir pu obtenir ce résultat tout seul…ce projet était un  « effort individuel ».

Harfang-cruise-configuration.JPGHarfang-en-vol-1.jpg

    

   










               
    Enfin je tiens à préciser que ce concept était mon premier projet de conception d’avion, je conseille à toute entreprise désirant récupérer mon concept de vérifier mes calculs ;-).
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Publié dans Aéronautique

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G
Alors, comme ça on confond poids, force et masse ?Attention, après on s'embrouille entre les lbs-m, lbs-f et les slugs !
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M
J'ai trouvé un site qui devrait pouvoir raffiner tes recherches.<br /> L'avion en question marche au carburant écologique et défie tous les poids des avions militaires jamais construits.<br /> Voilà la page :<br /> <br /> http://perso.orange.fr/avionenpapier/<br /> <br /> Bonne lecture ;)
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